La “Fantasy” est un genre littéraire situé à la croisée du merveilleux et du fantastique, qui prend ses sources dans l’histoire, les mythes, les contes et la science-fiction. Elle est caractérisée par son ancrage dans un monde imaginaire, où le surnaturel et la magie interviennent.
L’origine reconnue de la fantasy moderne date du 19e siècle, avec l’auteur écossais George MacDonald (Phantastes en 1858, The Princess and the Goblin en 1872) ou encore avec l’écrivain, peintre et architecte William Morris (The Wood Beyond the World en 1894) dont l’œuvre a influencé Tolkien.
Il faut attendre le 20e siècle pour que ce style touche un public plus large, avec entre autres La fille du roi des Elfes de lord Dunsany (1924) ou les nouvelles du cycle de Conan le Barbare de Robert E. Howard, père fondateur de l’heroic fantasy.
De nombreux auteurs américains s’y consacrent, ils créent ainsi sur le papier un Moyen Âge étonnant que l’Amérique n’a jamais connu et qui expliquerait notamment le succès de la fantasy aux États-Unis.
C’est dans les années cinquante que ce genre populaire mais manquant encore de reconnaissance connaît un vrai succès critique et public avec Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien (1954–1955), qui devient l’archétype de référence du roman médiéval-fantastique.
C’est à partir de ces deux sagas que deux grands styles de fantasy apparaissent : l’heroic fantasy avec Conan le Barbare, et la fantasy “de groupe” avec Le Seigneur des Anneaux, où les héros vivent leurs aventures ensemble et se complètent via leurs différentes compétences.
En littérature, on ne compte plus le nombre de romans, de nouvelles, de sagas publiés, de qualité inégale, mais assurément teintés d’imaginaire exotique. Essentiellement anglo-saxon à l’origine, le genre se développe plus tardivement en France : il a fallu attendre 1976 pour que Le Seigneur des anneaux soit traduit aux éditions Christian Bourgois. Les traductions d’auteurs anglo-saxons dominent longtemps le marché de la fantasy en France et en Europe, mais le genre essaime peu à peu dans les différents pays, donnant naissance à de nouvelles générations d’auteurs qui illustrent le genre et le renouvellent parfois de façon originale.
En France, Les Chroniques des Crépusculaires de Mathieu Gaborit (1995) et Le Secret de Ji de Pierre Grimbert (1997) comptent parmi les premiers succès d’auteurs français, suivis par des auteurs toujours plus nombreux, y compris dans la littérature de jeunesse. Parmi les classiques européens, citons en Allemagne L’Histoire sans fin de Michael Ende (1979), en Italie Nicolas Eymerich, l’inquisiteur de Valerio Evangelisti (1994). En Angleterre, le Disque-monde de Terry Pratchett, dont la série commence en 1983 avec La Huitième couleur, devient un chef-d’oeuvre de light fantasy empreinte d’humour anglais. Toujours en Angleterre paraît en 1997 le premier des sept tomes de Harry Potter de J. K. Rowling, qui connaît un succès considérable. En Espagne, dans un genre un peu différent, les aventures du capitaine Alatriste d’Arturo Pérez-Reverte (à partir de 1996) réinventent le roman de cape et d’épée. Au Japon, citons la série-fleuve Guin Saga de Kaoru Kurimoto, commencée en 1979 et qui a dépassé les 100 volumes, ou encore Les Chroniques de la guerre de Lodoss de Ryo Mizuno (à partir de 1988). Les innovations formelles et stylistiques se multiplient pour renouveler le genre, mais la forme dominante reste celle du roman, autonome ou inclus dans une suite romanesque.
Il faut également savoir que la fantasy est composée de nombreux sous-genres, comme la dark fantasy (sombre et pessimiste), la light fantasy (humoristique et parodique, à l’instar des oeuvres de Terry Pratchett) ou l’heroic fantasy (qui se concentre sur un héros solitaire). La fantasy historique, quant à elle, mêle des éléments de magie à des événements historiques. La fantasy urbaine se caractérise par son cadre contemporain et souvent urbain, dont la bit-lit (fantasy mettant en scène vampires et loups-garous) et un dérivé.